Vingt orientations pour moderniser le système de santé

29 mai 2009

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Plus dense que le prérapport, plus critique aussi, le rapport au congrès de Bordeaux a été envoyé le 15 mai à l’ensemble des participants. Ce texte s’est nourri des contributions des mutuelles, ainsi que des échanges avec les internautes et des débats des réunions publiques. A l’instar des 25 propositions du congrès de Toulouse, ce document fixe 20 orientations. Elles définissent des lignes directrices pour le mouvement mutualiste, déterminant ainsi la stratégie de la Mutualité française pour l’avenir. Leur finalité : « Contribuer utilement à la modernisation du système de santé et de la protection sociale. » Ces orientations « portent sur la solidarité que la Mutualité entend préserver, sur les partenariats qu’elle veut nouer, sur les innovations qu’elle est prête à conduire, comme sur la qualité dont elle veut garantir l’accès de tous et de toutes », résume le rapport. Articuler les activités d’assureurs et d’offreurs de soins L’innovation peut s’appliquer, par exemple, en matière de prise en charge des maladies chroniques. Devenues « le principal motif de recours au système de soins », ces pathologies touchent actuellement 15 millions de personnes, dont près des deux tiers sont affiliées au régime des affections de longue durée (ALD). Comment les mutuelles peuvent-elles intervenir ? En agissant dans les domaines de la prévention, de la qualité de la prise en charge et de l’accompagnement médico-social des personnes concernées et de leurs familles, précise le rapport. Outre Priorité santé mutualiste – le document proposant quelques pistes pour enrichir ce programme innovant –, « tous les services de soins et d’accompagnement mutualistes (Ssam) peuvent et doivent contribuer » à favoriser l’émergence d’une nouvelle organisation des soins. Les Ssam, poursuit le rapport, « devront se différencier par leur capacité à organiser et mettre en œuvre une prise en charge globale et continue des patients, notamment lors des sorties d’hospitalisation ». Comme l’explique le rapport, « les centres de santé mutualistes auront ici l’occasion d’affirmer la pertinence d’un modèle d’organisation valorisant la médecine d’équipe, la coordination entre tous les professionnels sur la base d’une répartition différente des tâches, de nouvelles formes de financement des centres et de rémunération des professionnels ». D’une manière plus globale, ajoute ce texte, l’innovation passe par une « articulation entre les activités d’opérateurs en assurance complémentaire santé et d’offreurs de soins et de service de santé ». Cette mise en convergence s’applique aussi au secteur médico-social. « Les établissements et services médico-sociaux à destination des personnes âgées ou des personnes en situation de handicap ne suffisent pas aujourd’hui pour répondre aux demandes des familles. La Mutualité française doit s’engager davantage sur cette voie, parallèlement à la conception et au développement d’une couverture mutualiste contre le risque de perte d’autonomie. » Une gouvernance à l’image de la société Les autres orientations portent, entre autres, sur la reconnaissance de la spécificité des mutuelles, à l’échelon national comme au niveau européen, sur le financement de la protection sociale, mais aussi sur l’organisation du mouvement mutualiste. Exemple : « Innover dans la gouvernance pour favoriser la participation des adhérents et assurer la diversité au sein des instances. » Si des avancées ont été réalisées, des efforts restent à faire « pour que la gouvernance soit vraiment à l’image de la cité », poursuit le rapport. « Le renouvellement des responsables mutualistes apparaît aujourd’hui comme une nécessité. » Autant de thèmes qui nourriront les débats de Bordeaux… > Jean-Michel Molins L’avenir du modèle mutualiste La crise économique et sociale a changé la donne. La loi du marché, hier toute puissante, est désormais contestée. Aujourd’hui, « l’intervention des Etats ou des organismes de Sécurité sociale apparaît de nouveau pleinement légitime. Le mouvement mutualiste, lui-même, peut de nouveau faire valoir sa modernité », estime le rapport. Alors que pourrait émerger un nouveau modèle de développement, « comment la Mutualité française entend-elle se positionner, dans ses différents champs d’intervention, comme mouvement social et de santé ? », interroge le rapport. J.-M. M