Tout savoir sur l’amiante pour mieux s’en protéger

19 mars 2015

Très bon isolant et résistant au feu, l’amiante a été massivement utilisé, notamment en Europe. Ce minéral est finalement interdit, en France, en 1997 pour cause de nocivité. Des centaines de milliers de professionnels - du bâtiment en particulier - ont été exposés avant cette date.

L’amiante, pour quoi faire ?

L’amiante est un produit minéral connu pour ses propriétés ignifuges. Protecteur contre la chaleur, les propriétés de ce produit ont conduit à son utilisation dans l’industrie et le bâtiment notamment. Il présente aussi d’autres avantages : faible conductivité thermique, acoustique et électrique, forte résistance mécanique (à la traction, à la flexion et à l’usure), forte résistance aux agressions chimiques (acides et bases), élasticité, faible coût et la possibilité d’être tressé et tissé.

Mais c’est cette même structure fibreuse qui va se révéler dangereuse pour la santé.

Entre 1973 et 1975, on utilisait en France environ 150 000 tonnes d’amiante par an notamment pour fabriquer : des plaques ondulées, des conduites ou canalisations en amiante-ciment, des dalles ou revêtements de sols en matière plastique, des faux-plafonds, des mortiers, colles, enduits, mastics, joints, peintures, bitumes…

Interdit en France depuis 1997, l’amiante est toujours présent dans les bâtiments construits avant cette date. Des dizaines de millions de mètres carrés de matériaux amiantés sont encore en place.

Amiante : le fléau silencieux

Malgré leur interdiction, les fibres d’amiante pourraient continuer à faire des ravages longtemps encore. 30 000 nouveaux cas de cancers sont dus chaque année à ce produit dans les pays développés.

Des expositions courtes et répétées à l’amiante peuvent provoquer de graves maladies respiratoires. Ces maladies se déclarent en moyenne 20 à 40 ans après le début de l’exposition et peuvent survenir après le départ à la retraite.

De 400 à 500 fois moins épaisses qu’un cheveu, les fibres d’amiante invisibles dans les poussières de l’atmosphère se déposent au fond des poumons. Elles peuvent alors provoquer des maladies bénignes comme les plaques pleurales ou graves comme les cancers des poumons et de la plèvre, les fibroses (ou asbestose)…

Quelques chiffres

  • 900 000 travailleurs maintenance / entretien dans le BTP potentiellement exposés à l’amiante.
  • Environ 2000 à 3000 décès estimés par an dus à l’amiante (mésothéliomes et cancers) [Institut de Veille Sanitaire, mars 2003].
  • En 2004, 5649 cas de maladies professionnelles dues à l’amiante ont été reconnus dont 1800 pour le secteur du BTP. Ces chiffres sont en régulière augmentation.

Professionnels du second œuvre du BTP, de l’entretien ou de la maintenance, la prévention que vous mettez en place aujourd’hui sert à prévenir les maladies de demain liées à l’amiante.

Comment se protéger ?

Avant tout travail, posez-vous les bonnes questions, sachez repérer et identifier les risques d’exposition :

  • Le bâtiment a-t-il été construit avant 1997 ?
    Si oui, certains matériaux de construction utilisés sont-ils susceptibles de contenir de l’amiante ?
  • Quelle est la nature de l’intervention à réaliser ? sur quels types de matériaux ?
  • La (ou les) opérations dégageront-t-elles de la poussière ? Si oui, connaissez-vous les moyens de supprimer ou limiter cette exposition ?
  • Si vous n’avez pas les réponses, qui peut vous renseigner ?

Vous ne pourrez intervenir qu’à partir du moment où vous connaissez exactement la nature des risques auxquels vous ou vos salariés êtes exposés.

Cette phase d’évaluation vous aide à sélectionner la méthode la moins exposante pour l’intervention à réaliser : supprimer, voire réduire au maximum, toute exposition aux poussières d’amiante afin de préserver votre santé et celle de vos salariés.

Nous vous invitons à consulter les fiches métiers qui vous permettront de trouver des exemples de solutions techniques à mettre en œuvre : http://www.amiante.inrs.fr

Source : Inrs