Prescription des médicaments

9 octobre 2007

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Au terme de huit mois d'enquête, l'UFC-Que Choisir a réussi à retracer, très finement, l'évolution des dépenses de médicaments sur 3 classes thérapeutiques depuis 2002 (Inhibiteurs de la Pompe à Protons - anti-inflammatoires non stéroïdiens AINS - sartans et IEC). Les premiers résultats de son étude montrent "l'existence d'un immense gâchis qui résulte de prescriptions médicales manifestement irrationnelles". "A service médical rendu équivalent, il serait logique que ce soit le médicament le moins cher qui soit prescrit : or, ce n'est pas le cas", résume Alain Bazot, président de l'UFC. Ainsi, par exemple, dans la classe des antiulcéreux, "l'évolution des dépenses est fortement influencée par le développement massif d'un produit commercialisé en 2003 qui non seulement n'apporte aucune amélioration par rapport aux génériques mais aussi coûte plus cher", souligne l'étude. Entre 2002 et 2006, sur les trois classes thérapeutiques étudiées - soit 14 % des prescriptions annuelles - l'Assurance maladie aurait pu économiser au minimum 650 millions d'euros en cinq ans, assure l'association, si les médecins avaient prescrit des médicaments plus efficaces et moins onéreux. En cause, selon elle : l'emprise des laboratoires pharmaceutiques sur l'information des médecins libéraux, via les visiteurs médicaux, au détriment des recommandations fournies par les autorités sanitaires. pour remédier à ces problèmes, l'UFC préconise de remplacer les 800 délégués de l'assurance maladie, dont un tiers est spécialisé sur le médicament, par "la création d'un corps de 1 700 visiteurs médicaux" indépendants de l'industrie sous la responsabilité de la Haute Autorité de Santé et "financés pour moitié par les laboratoires". "Tant qu'aucune mesure ne sera prise pour stopper ces gâchis, l'UFC-Que Choisir estime qu'il serait inéquitable et injuste d'envisager des mesures supportées par les usagers de notre système de soins". C'est la première fois qu'une association de consommateurs prend position sur ce sujet. Alain Bazot, président de l'Union fédérale a précisé que d'autres études portant sur d'autres classes thérapeutiques seraient publiées dans les prochaines semaines. En réponse à la nouvelle mise en cause de Que choisir, Les Entreprises du Médicament et le CEMIP (Comité d'Ethique et de Médiation des Entreprises du Médicament) ont mis en ligne des éléments et arguments factuels en rapport avec les thèmes abordés par le dossier (réponse à Que Choisir et rapport éthique). > Le communiqué, l'étude (dont un chapitre est consacré aux DAM) - Que choisir (Octobre 2007) : http://www.quechoisir.org Sources Lettre sécu.