Loi anti-tabac

27 janvier 2009

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Une mesure bien respectée. Un an après l’entrée en vigueur de l’interdiction de fumer dans les restaurants, cafés, bars et discothèques, la ministre de la Santé dresse un bilan positif de cette disposition. « En moyenne, 95 % de la clientèle non-fumeuse des restaurants soutient cette interdiction, ce qui est assez attendu. Mais le plus intéressant est le résultat de 85 % pour la clientèle fumeuse », s’est félicitée le 7 janvier Roselyne Bachelot. Impact sanitaire : premiers résultats fin 2009 Selon une enquête de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), début 2008, 52 % des fumeurs déclaraient avoir fumé à l’intérieur d’un bar lors de leur dernière visite dans ces établissements. Ce chiffre est descendu à 2 % fin 2008 ! Autre chiffre éloquent : en décembre 2007, « plus de 50 %» des bars, restaurants et discothèques « dépassaient les niveaux d’alerte à la pollution de l’air des villes », précise Roselyne Bachelot. « Ces dépassements avaient chuté de plus de 80 % en janvier 2008 ». Si l’interdiction de fumer dans les lieux publics bénéficie d’une « popularité croissante », son impact sur la santé n’est pas encore quantifiable. A l’étranger, des études menées en Italie, en Ecosse et aux USA, sont concluantes. Les chiffres sont « convergents » et font état d’une « baisse de 10 % des épisodes cardiologiques » nécessitant une hospitalisation. En France, une étude des données 2008 va démarrer. L’évolution des tendances mensuelles sera analysée par rapport à celles de 2007. « Les premiers résultats sont attendus fin 2009 », affirme Françoise Weber, directrice générale de l’Institut de veille sanitaire (InVS). Une analyse plus approfondie suivra en 2010, avec des « tendances ajustées », prenant en compte les effets de « la pollution, l’épidémie de grippe ou le froid ». Des « images chocs » sur les paquets de cigarettes La ministre de la Santé entend également poursuivre les efforts pour réduire le tabagisme en France. La prévalence se situe « aux alentours de 30 %, soit environ 14 millions de fumeurs », explique la directrice de l’Inpes, Thanh Le Luong. Dans les autres pays européens, la moyenne est de 28 %, encore au-dessus de la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) fixée à 20 %. Après une baisse importante depuis 2000, la consommation de cigarettes ralentit plus lentement ces dernières années. La diminution de « 2,7 % » enregistrée entre 2007 et 2008 n’est cependant « nullement négligeable », assure le Pr Albert Hirsch. Pour ce vice-président de la Ligue nationale contre le cancer, la prévalence chez les jeunes a d’ailleurs diminué « très franchement » et, par conséquent, « il ne faut pas baisser la garde ». Des actions de communication auprès du grand public vont donc être reconduites cette année, en particulier pour favoriser le sevrage tabagique. En plus des avertissements sanitaires existants sur les paquets de cigarettes, Roselyne Bachelot espère pouvoir apposer des « images chocs », comme par exemple un poumon cancéreux, dès la « fin 2009 ». Le dispositif Tabac info service sera également « valorisé ». Afin de rendre ce service d’information et d’aide au sevrage plus accessible, le numéro de téléphone passera à 4 chiffres en mars prochain, au lieu de dix actuellement. En cliquant sur www.tabac-info-service.fr, les internautes pourront également bénéficier d’un nouveau dispositif d’accompagnement personnalisé pour arrêter de fumer. La possibilité de commercialiser des « paquets neutres, sans packaging attractif » est aussi à l’étude, ajoute Didier Houssin, directeur général de la Santé. En outre, les cigarettes-bonbons (cigarettes ayant un goût sucré) seront prochainement interdites, via le projet de loi « Hôpital, patients, santé et territoires » (HPST), rappelle la ministre. Enfin, des actions spécifiques seront menées en direction des femmes, notamment les femmes enceintes.