Le baby-boom

1er mars 2007

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En comparant différents pays européens, Alain Monnier, chercheur à l'INED, montre que beaucoup dépend de l'ampleur et les particularités du baby-boom qui varient notablement dans chaque pays. Globalement, le déséquilibre structurel entre « entrants » et « sortants » de la population d'âge actif va s'atténuer dans les années à venir : vers 2010, l'équilibre sera atteint dans l'Union européenne. En France, où le baby-boom a été très important, et où la fécondité depuis 1980 est demeurée relativement plus élevée qu'ailleurs, le volume des départs en retraite des baby-boomers devrait correspondre à peu près à celui des entrées de jeunes sur le marché du travail. Cette situation peut contribuer à créer les conditions d'une réduction du chômage mais ne la garantit pas. En effet, en France par exemple, les stratégies d'entreprise du secteur privé, mais aussi de la fonction publique, tendent à ne pas procéder au remplacement systématique des départs en retraite. De plus, il n'y a pas forcément adéquation entre les emplois laissés vacants par les départs et ceux des demandeurs d'emploi. Le vieillissement des baby-boomers nécessitera par ailleurs une hausse du nombre d'institutions pour personnes âgées dépendantes. Pour maintenir le taux d'accueil des plus de 75 ans en institution (12 % en France, 4 % en Italie), il faudra prévoir une augmentation de plus de 60 %, voire un doublement de la capacité d'accueil, à moins de parvenir à faire reculer à 80 ans l'âge d'entrée dans ces établissements. L'augmentation de 40 % du nombre de décès d'ici 2050 aura certainement des conséquences importantes sur les systèmes de santé qui devront prendre en charge un nombre croissant de personnes en fin de vie. Source : Gérard Bieth - la lettre de la Sécu n°238