La prise en charge de l’infarctus du myocarde est « satisfaisante ».

29 mai 2009

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L’infarctus du myocarde, qui concerne chaque année quelque 100000 personnes, est bien pris en charge en France. « Une très large majorité de personnes hospitalisées bénéficie des actes diagnostiques et thérapeutiques indiqués pour une prise en charge optimale », révèle une étude menée par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) auprès de 14 000 patients hospitalisés. Présentée le 28 avril, elle met en évidence de « bons résultats », aussi bien au cours de l’hospitalisation des patients, mais aussi en médecine de ville, dans le cadre d’une prévention secondaire avec des traitements médicamenteux adaptés. Selon la Haute Autorité de santé (HAS), l’amélioration de la prise en charge de l’infarctus du myocarde a permis « de réduire de moitié, en 10 ans, la mortalité due à cette maladie ». Pour autant, « la proportion des personnes qui en décèdent est encore trop élevée, avec 13 % des patients pris en charge qui meurent lors de la première année, dont 7 % à la phase aiguë », précise la HAS. L’échantillon de l’étude de la Cnam est représentatif avec un taux de survie des patients de « 90 %». Chez les plus jeunes, ce taux est « logiquement plus élevé » avec un résultat de « 98 %» avant 55 ans et de « 95 %» dans la tranche d’âge 55-64 ans. MÊMES TRAITEMENTS POUR LES BÉNÉFICIAIRES DE LA CMU L’application de bonnes pratiques médicales a permis d’obtenir ces résultats. Ainsi, 96 % des personnes de moins de 75 ans et « près de 90 %» de l’ensemble des patients ont été « accueillis ou orientés dans un établissement susceptible de pratiquer une angioplastie », indique la Cnam. Cet acte technique « consiste à insérer dans l’artère bouchée un fin cathéter avec un ballonnet qui, une fois gonflé, dilate l’artère ». Egalement appelé « stent », il permet le « rétablissement du flux sanguin ». Les moins de 75 ans ont également bénéficié d’une coronarographie dans 90 % des cas, afin de détecter les anomalies de circulation, comme, par exemple, des rétrécissements. En outre, cette étude montre que six mois après l’hospitalisation « 6 patients sur 10 » et « 7 sur 10 avant 75 ans » suivent un traitement associant quatre classes de médicaments : des bêtabloquants, des antiagrégants plaquettaires, des statines et des inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC). Toujours en prévention secondaire, l’utilisation des statines, qui doivent être associées à un régime alimentaire, concerne 85 % des malades et plus de 90 % avant 75 ans. Fait également positif : la prise en charge des bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU) complémentaire « est similaire à celle des autres patients ». Pour la Cnam, le niveau des revenus n’a donc pas d’impact puisque ces patients « sont accueillis dans les mêmes proportions que les autres dans les différents établissements de santé, y compris les cliniques privées ». Cependant, comme c’est souvent le cas en matière de santé, l’étude met en évidence des disparités régionales. Des régions comme l’Ile-de-France ou Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) affichent des taux respectifs de pose de stents de 75 et 78 %. Ils sont ainsi beaucoup plus élevés qu’en Bretagne, Champagne-Ardenne ou en Franche-Comté où ces pourcentages sont inférieurs à 60 %. Des disparités ont également été constatées dans l’utilisation des traitements médicamenteux. La Cnam entend donc « poursuivre son analyse pour identifier plus précisément l’impact de ces différentes pratiques ». > Paula Ferreira Source : AFIM LES HOMMES PLUS TOUCHÉS « Près de 70 % des patients hospitalisés pour infarctus du myocarde sont des hommes », dont l’âge moyen est de « 62,7 ans », indique une étude de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam). Pour leur part, les femmes sont touchées en moyenne à « 74,7 ans ». Les moins de 55 ans représentent « un quart de l’effectif », avec, là encore, une surreprésentation masculine (85 %). Près des deux tiers des victimes « étaient déjà suivis pour une affection cardiovasculaire ou traités préventivement six moins avant leur hospitalisation ». En outre, « plus de la moitié bénéficiaient d’un traitement de l’hypertension artérielle » et « près d’un tiers de médicaments hypolipémiants », en particulier les statines. Enfin, près d’un patient sur cinq était soigné pour un diabète. P. F. 17 MILLIARDS D’EUROS DE REMBOURSEMENT La prise en charge des maladies cardio-vasculaires en affection de longue durée (ALD) représente « près de 17 milliards d’euros de remboursements chaque année », indique la Cnam. Ce poste de dépenses a enregistré « une croissance supérieure de 7% par an au cours des dernières années ».