Hygiène et prévention

22 janvier 2009

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Environ 30 000 décès par an sont imputables en France aux maladies infectieuses. Or ces pathologies peuvent être notamment évitées par le respect de règles d’hygiène. Quel est le comportement des Français en la matière ? C’est ce qu’a voulu savoir l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) et l’Institut de veille sanitaire (InVS). Ces deux organismes ont lancé en 2006 une enquête baptisée « Nicolle », du nom d’un célèbre médecin bactériologiste, prix Nobel de médecine en 1928. Intitulée Connaissances, attitudes et comportements face au risque infectieux (1), cette étude a été réalisée auprès de plus de 6 100 personnes. Ses résultats ont été présentés fin novembre. Premier constat : 60,8 % des Français déclarent au moins une pratique d’hygiène régulière. Parmi les principaux comportements préventifs, près d’une personne sur deux (45,3 %) « se lave régulièrement les mains » et une personne sur trois (30,2 %) estime avoir une « bonne hygiène du corps ». En outre, 21,9 % des personnes interrogées déclarent suivre une « bonne hygiène de vie », comme ne pas fumer, ne pas boire et faire du sport ; 14,7 % ont adopté une « bonne hygiène en général ». Seules 4,7 % d’entre elles évoquent l’hygiène alimentaire. Lavage des mains : probable surestimation Une analyse plus fine montre que près de 90 % des Français se lavent les mains au moins cinq fois par jour, près d’un sur deux (47,2 %) entre cinq et dix fois, et un sur trois (30,9 %) entre dix et vingt fois. En outre, la quasi-totalité des répondants effectuent ce geste « systématiquement » ou « souvent » après être allés aux toilettes. Une très forte majorité de personnes se lavent également les mains avant de faire la cuisine et de s’occuper d’un bébé de moins de 6 mois. Commentant ces résultats, l’Inpes met en garde contre les risques de biais. En effet, une mauvaise hygiène « étant généralement associée à des groupes sociaux que la société stigmatise », il est probable que les personnes interrogées « aient eu tendance à surestimer le nombre quotidien de lavages de mains ou la fréquence du lavage ». Ce livre apporte enfin un éclairage sur l’opinion des Français face à l’avenir des pathologies infectieuses. Moins d’une personne sur deux (42,4 %) estime que les risques pourront être un jour maîtrisés. Pour y parvenir, elles proposent trois solutions, sans doute significatives de l’imaginaire associé aux maladies infectieuses : une amélioration de « l’hygiène générale », « un contrôle aux frontières pour éviter l’importation de maladies de l’étranger » et une meilleure vaccination. (1) Enquête Nicolle 2006. Connaissances, attitudes et comportements face au risque infectieux, sous la direction d’Arnaud Gautier, Marie Jauffret-Roustide et Christine Jestin, Editions Inpes, collection « Etudes santé ». 241 pages. 20 euros. Comment protéger ses proches de la grippe Quel comportement les Français adoptent-ils quand ils sont grippés afin de protéger les autres ? L’enquête Nicolle répond dans le détail à cette question. Ainsi, plus d’un tiers (34,7 %) des personnes interrogées affirment rester chez elles « systématiquement ». En outre, 20,6 % d’entre elles « évitent systématiquement les lieux publics » et 15,8 % les transports en commun. « L’adoption de ces trois comportements de prévention augmente régulièrement avec l’âge », indique l’étude. Par ailleurs, pour protéger son entourage, près d’un Français sur deux (45,8 %) accepterait de porter un masque à son domicile. En revanche, un tiers seulement (33,8 %) des répondants seraient d’accord pour porter un masque à l’extérieur. C. L. Repères L’enquête Nicolle a été menée au premier trimestre 2006. Au total, 4 112 personnes âgées de 18 à 79 ans ont été interrogées par téléphone, ainsi que 1 285 médecins généralistes et 785 pédiatres.