HPST : la Mutualité dénonce des "reculs successifs"

12 juin 2009

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« C’est une nouvelle concession de l’exécutif sur la loi de réforme de l’hôpital. Et elle est de taille », commentent Les Echos. Déclaré d’urgence, ce texte ne devait être examiné qu’une seule fois par les deux assemblées. Les substantielles modifications apportées par la commission des Affaires sociales du Sénat sur ce projet de loi suscitent un flot de critiques. Dans un communiqué, le président de la Mutualité française « regrette le démantèlement programmé » de cette loi, rapportent Les Echos. « Le texte initial laissait entrevoir une possible amélioration de l’organisation des soins. Mais des reculs successifs, concédés sous la pression de divers lobbies, ont réduit, à ce jour, cet espoir à néant », estime Jean-Pierre Davant. « La FNMF regrette notamment que les mesures destinées à réguler les dépassements d’honoraires des médecins aient disparu », soulignent Les Echos. De son côté, la Fédération hospitalière de France (FHF) dénonce « la dénaturation profonde de la loi ». Les amendements des sénateurs, destinés à rééquilibrer le pouvoir à l’hôpital en faveur des médecins, risquent « d’affaiblir la capacité à prendre les décisions nécessaires », souligne la FHF. Les critiques de la Ligue des droits de l’homme (LDH) portent quant à elles sur l’absence de mesures facilitant l’accès aux soins. « Les inégalités en matière de santé se sont accentuées : certains disposent de tous les moyens au-delà même de l’assurance maladie de se financer les meilleurs soins […]. Les plus démunis n’ont plus les moyens de se faire soigner », fait-elle valoir. Pour sa part, le Premier ministre affiche une certaine fermeté sur une réforme qu’il qualifie de « nécessaire », dans une longue interview au Figaro . « L’équilibre auquel nous sommes parvenus est le meilleur qui puisse être trouvé. Le gouvernement ne bougera pas de cette ligne. » « Nous avons décidé de renforcer l’autorité des directeurs d’hôpitaux. Mais n’avons jamais imaginé que les hôpitaux soient gouvernés sans, et encore moins contre les médecins », assure François Fillon. « La loi Bachelot continue de faire des vagues », estime La Croix (page 8). Le quotidien rappelle que les syndicats de médecins et personnels hospitaliers appellent aujourd’hui à des manifestations contre les suppressions d’emplois dans les hôpitaux. La Croix prévoit que les chefs de service parisiens, venus en force lors de la manifestation du 28 avril dans un « front unitaire pour défendre l’hôpital public », devraient être nettement moins nombreux aujourd’hui dans la rue. « HPST » : la Mutualité dénonce des « reculs successifs » GRIPPE A : SIX MOIS POUR TROUVER UN VACCIN « Une vraie course contre la montre est engagée pour que le vaccin spécifique A/H1N1 soit fabriqué à temps. Il faut qu’il soit prêt dans les six mois pour pouvoir protéger efficacement la population », déclare, dans Le Parisien/Aujourd’hui, le Pr Bruno Lina, directeur du Centre national de référence de la grippe. Même si le virus H1N1 a relativement épargné l’Europe jusqu’à présent, ce virologue redoute sa réapparition en octobre ou en novembre, dans l’hémisphère Nord, en même temps que la grippe dite « normale ». L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé hier près de 500 cas supplémentaires de grippe A dans le monde, portant le total des personnes contaminées à près de 6 000, avec une majorité de patients recensés aux Etats-Unis (3009 cas avérés et 3 décès). L’OMS réunit aujourd’hui les scientifiques et les laboratoires pharmaceutiques pour décider de lancer la production d’un vaccin contre ce nouveau virus. Quatre mois seront ensuite nécessaires pour fabriquer le vaccin. « Depuis que la crise a éclaté, on consacre 100 % de notre temps pour arriver à percer au plus vite la carte d’identité de ce nouvel agent infectieux », explique la Pre Sylvie Van der Werf, responsable de l’unité génétique moléculaire des virus respiratoires à l’Institut Pasteur (Paris). John Sutton