Fédération Française de Rugby

22 février 2007

D_ARTICLE

Le Pr François Laborde, coordinateur de l'opération, dévoile les secrets d’une organisation complexe. Vous êtes responsable du département chirurgie cardiaque de l’Institut mutualiste Montsouris à Paris. Quel est précisément votre rôle dans ce partenariat ? Pr François Laborde – Je suis chargé par la Mutualité française d'organiser la couverture médicale des équipes participant aux matchs de tournée et au Tournoi des six nations, ainsi qu'à ceux des matchs de la Coupe du monde de rugby qui se dérouleront en France en septembre et octobre prochain. Très concrètement, il faudra assurer la prise en charge des joueurs, de leur staff et des officiels (entraîneurs, arbitres, etc.), ce qui représente environ un millier de personnes. Il s'agit donc de "couvrir" environ 50 matchs… Pr F. L. – Pas seulement ! Nous avons mis en place deux dispositifs parallèles, l'un pour les périodes de matchs, l'autre pour les périodes d'entraînement. Pour chaque rencontre, dans chaque ville, nous avons formé des équipes de vingt personnes regroupant des médecins spécialistes en orthopédie, neurochirurgie, chirurgies du rachis et maxillo-faciale, ophtalmologie et réanimation. Sont aussi présents des infirmières, un kinésithérapeute, huit secouristes et quatre ambulanciers ! Ils ont été sélectionnés pour leur excellence dans leur spécialité, mais aussi parce qu'ils avaient déjà une solide expérience dans le domaine du sport. Et en dehors des périodes de matchs ? Pr F. L. – D'autres équipes, dites " mobiles ", vont suivre les joueurs en déplacement. Pour les petits tracas, du genre maux de tête ou rages de dents, nous allons fournir à chaque délégation un annuaire qui recense tous les professionnels de santé auxquels ils pourront faire appel en cas de besoin. Votre organisation s'appuie donc sur l'ensemble du réseau mutualiste ? Pr F. L. – A 200 % ! Sans ce réseau, nous ne pourrions pas fonctionner. Cela va des établissements hospitaliers mutualistes –dont les équipes sont doublées les soirs de matchs pour intervenir à tout moment – aux médecins sur le terrain, en passant par l'opticien mutualiste. Serez-vous systématiquement présent sur le terrain ? Pr F. L. – Ce ne sera pas nécessaire. Dans chaque ville où des matchs sont prévus, un coordinateur local a été désigné. Nous avons d'ailleurs testé ce dispositif le 11 novembre 2006 à Lyon, à l'occasion du match France-Nouvelle-Zélande. Tout s'est parfaitement bien déroulé ! Quels sont les risques propres au rugby de haut niveau ? Pr F. L. – La palette est très large. Nous avons calculé qu'en moyenne, nous aurons à intervenir quatre fois par match. Cela va de la "bobologie" à l'évacuation d'urgence. Les principales lésions concernent le genou et l'épaule. Ensuite, il y a les claquages, les lésions musculaires et les hématomes plus ou moins importants. En compétition, une intervention sur dix est dite " sérieuse ". Et après la Coupe du monde ? Pr F. L. – Nous allons dresser un bilan de notre action. C'est indispensable. Cela permettra d'affiner encore notre dispositif et notre connaissance de la prise en charge des sportifs de haut niveau. Source : Mutualité française – février 2006