Consultation d’un spécialiste

9 octobre 2008

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Même si les résultats ne sont pas spectaculaires, les patients ont tout de même modifié leur comportement avec la mise en place du parcours de soins, instauré par la réforme de 2004. Malgré la moindre prise en charge en cas de non-respect de ce dispositif, 28 % des assurés sociaux ont directement consulté un spécialiste en 2006, sans passer par leur médecin traitant. Ce taux était de 32 % en 2004, soit une diminution et de 12,5 %. Ces données sont issues d’une étude de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) intitulée : Modes d’accès aux spécialistes en 2006 et évolution depuis la réforme de l’assurance maladie. En 2006, « une séance de spécialiste résulte 3 fois sur 10 d’un accès direct et 7 fois sur dix du conseil d’un médecin ». Selon les spécialités, la diminution a été plus ou moins marquée entre 2004 et 2006. Pour les dermatologues, l’accès direct est passé de 61 % à 41 %, soit – 33 %. Néanmoins, pour ces praticiens, la baisse enregistrée a été « en totalité contrebalancée par une hausse des recours conseillés par un généraliste » Pour les ORL, le recours en première intention est passé de 39 % à 16 %. Cette réduction a été compensée « pour deux tiers environ » par l’orientation du médecin traitant. Les patients ont également réduit les consultations en accès direct auprès des psychiatres (20 %), des cardiologues (55 %) ou encore des radiologues (41 %). A l’inverse, l’Irdes note « peu d’évolution en rhumatologie, pneumologie, chirurgie et endocrinologie ». Sans surprise, l’Irdes relève une stabilité pour les spécialités qui bénéficient d’un accès direct spécifique dans le cadre du parcours de soins. En effet, les assurés sociaux qui ont désigné un médecin traitant peuvent consulter directement – sans être pénalisés financièrement –, un gynécologue, un ophtalmologue ou encore un psychiatre. Pour cette dernière spécialité, seuls sont concernés les moins de 26 ans, rappelle-t-on. Cette étude fait bien sûr apparaître des différences de comportement selon que les assurés ont déclaré ou non un médecin traitant. Parmi ceux qui ont fait ce choix, l’accès direct représente « 26 % de l’ensemble des séances de spécialistes ». Cette proportion atteint 58 % pour ceux qui n’ont pas encore choisi de médecin traitant. Autre enseignement : les femmes et les patients vivant dans un ménage dont les revenus sont supérieurs à 3100 euros consultent davantage de spécialistes sans respecter le parcours de soins. En revanche, les personnes qui ont au maximum un niveau d’études primaires continuent de moins consulter en accès direct. Néanmoins, « l’influence du milieu social sur la probabilité d’accéder directement aux spécialistes se réduit en 2006 par rapport à 2004 ». Les ménages de trois personnes ou plus ont également tendance à mieux respecter le parcours de soins. Paula Ferreira Source : AFIM N° 3314 du 18/09/2008