Carte de France de l’emploi

23 octobre 2008

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Ce chiffre contraste avec la hausse de 14 % enregistrée entre 1997 et 2001. Après le retournement conjoncturel de 2001, qui a vu la croissance de l'emploi chuter d'un rythme annuel moyen de 3,3% sur 1997-2001 à 0,9 % en 2002 et 0,1 % en 2003, les créations d'emploi se sont accélérées pour atteindre un rythme de 1,6 % en 2007, plus forte progression depuis 2002. L'année dernière, les entreprises du secteur concurrentiel ont employé 18 millions de salariés en France Dom inclus, et versé une masse salariale de 462 milliards d'euros. Entre 2002 et 2007, environ 673 000 emplois ont été créés et la masse salariale a progressé de 18,3 %, traduisant une augmentation de 13,9 % du salaire moyen par tête (SMPT), soit une progression de 5 % en terme de pouvoir d'achat. Le BTP a connu une vive progression avec près de 200 000 créations d'emplois. En revanche, le tertiaire connaît une croissance modérée en dépit de nettes croissances dans certains secteurs comme celui de la santé et de l'action sociale : 204 000 emplois créés, soit une progression de 16 %. Certaines activités se démarquent même fortement comme les services à la personne (aide à domicile, accueil des personnes âgées ou handicapées) et, dans le domaine de la santé, les activités des ambulanciers et des auxiliaires médicaux. Les performances des régions en matière de créations d'emploi sont assez inégales : les Dom, la Corse et dans une moindre mesure un arc Atlantique-Méditerranée progressent nettement, les régions du Centre et du Nord-Ouest sont dans une situation médiane et le quart Nord-Est est toujours mal orienté. Cette hiérarchie est restée assez stable durant les cinq années. Ce bilan très descriptif fait par l'Acoss sur l'évolution de l'emploi dans les régions est décortiqué par Malakine. Pour lui, cette étude "confirme la désertification industrielle et la gentrification des territoires français". Elle nous propose "une vision assez inquiétante de l'économie française. Les emplois faiblement rémunérateurs des services se développent au détriment des emplois productifs créateurs de richesses. Les territoires de villégiatures se développent en laissant les territoires productifs péricliter faute d'attractivité. L'économie résidentielle draine les forces vives qui risquent de faire défaut à l'économie productive, là où se créent les richesses. Tout se passe comme si la France avait voulu grossir en faisant du gras plutôt que du muscle, parce que c'est plus facile et plus rapide".