Accès aux soins

18 septembre 2006

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Faute de moyens financiers suffisants, près d'un Français sur huit (13%) renonce à certains soins. D'après l'enquête sur "l'état de santé, des soins, et de la protection sociale de la France métropolitaine selon ses caractéristiques sociales" menée en 2004 par l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), les renoncements touchent principalement les soins dentaires (49%), la vue (18%) et les soins des spécialistes (9%). Par manque d'argent, 6% des Français concernés renoncent également à consulter un généraliste, 5 % à effectuer des analyses médicales ou des examens d'imagerie, et 2 % à acheter les médicaments dont ils ont besoin. Les assurés sociaux qui "sacrifient" leur santé se situent parmi les catégories sociales à faible revenu. Les femmes représentent, à elles seules, environ les deux tiers de cette population. De nombreux étudiants n'ont pas de mutuelle Outre les femmes, 23 % des étudiants - soit un sur quatre – ne se soignent pas pour des raisons d'argent. Ces renoncements concernent, là encore, en priorité les soins dentaires et les lunettes, comme en témoigne une récente enquête portant sur la santé de 9 200 étudiants. Publiée par La Mutuelle des étudiants (LMDE), elle souligne aussi que plus d'un étudiant sur dix (13 %) ne bénéficie pas d'une couverture complémentaire. En 2002, ce taux n'était que de 7 %. Chez les jeunes, la couverture santé arrive le plus souvent bien après le logement, l'alimentation et les autres frais incompressibles. Pour 39 % des étudiants interrogés, elle est jugée "trop chère". Pour d'autres, sans souci de santé particulier, elle est considérée comme étant "inutile". "Les étudiants qui ne sont pas couverts consultent moins que les autres", indique la LMDE. Ainsi, neuf étudiants sur dix (90,4 %) affiliés à une complémentaire ont consulté un généraliste au moins une fois au cours des douze derniers mois. Ce taux chute à 81,3 % pour les étudiants sans mutuelle. Enfin, 48,9 % des étudiants ayant une couverture santé ont vu un chirurgien-dentiste au cours de l'année, contre 38,6 % seulement chez les jeunes sans contrat. Preuve, s'il en faut, que l'absence de mutuelle a bien évidemment des répercussions sur l'accès aux soins et la santé. Source Ghislaine Trabacchi/PhR/PL/07.09.06/Information Mutualité française